Image décorative. Rubans de plusieurs couleurs qui représentent certains cancers.

Octobre Rose et les autres couleurs du cancer

Alors qu’Octobre Rose est dans toutes les vitrines, le cancer du sein fait son apparition annuelle dans le quotidien des Français. C’est pourtant la réalité qui frappe plus de 58000 femmes en plus chaque année en France.

Publiée le 18/12/21 à 9h18, par Jade Jacquot.

Temps de lecture : 4mn.

Les seins français en chiffres…

Le cancer du sein est le premier cancer féminin, bien qu’il existe au masculin de manière plus rare. On estime qu’une femme sur 10 sera touchée par celui-ci au cours de sa vie. Même si la mortalité liée à ce cancer est en baisse, il est encore responsable de 12000 décès par an, dont certains pourraient être évités grâce à un dépistage précoce. En effet, pour un cancer du sein dépisté suffisamment tôt, le taux de survie avoisine les 90 %. Les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à se faire dépister tous les 2 ans par un examen mammographique dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein. Bien qu’il soit très relayé dans les médias, le taux de participation à ce dépistage reste insuffisant (inférieur à 50 %). 

Le dépistage, la bête noire des Français

Outre le cancer du sein, d’autres cancers font l’objet de dépistages organisés : c’est le cas du cancer du col de l’utérus et du cancer colorectal. Si le premier à un taux de couverture sensiblement meilleur que le cancer du sein, le second est très en reste avec seulement 30,5% de participation sur la campagne 2018-2019. 

Pourtant, le cancer colorectal est la deuxième cause de décès par cancer en France tous sexes confondus, car il touche autant les femmes que les hommes. 

Qui plus est, il est avec le cancer du col de l’utérus, l’un des cancers pour lesquels le dépistage peut efficacement prévenir l’apparition d’un cancer, en identifiant et éliminant des lésions pré-cancéreuses asymptomatiques. Là où le dépistage du cancer du sein permet de repérer un cancer jeune, dont le traitement est alors de bon pronostic.

Pourquoi observe-t-on donc une trop faible participation ? Essentiellement du fait des protocoles de dépistage jugés invasifs, d’une accessibilité aux soins inégale et du tabou persistant autour de ces sujets. 

Pour ces raisons, Derrière les sourires se propose de donner de la voix au cancer du sein, dans l’épisode 3 “L’accident qui a sauvé ma vie”, mais pas seulement ! Beaucoup de cancers aux incidences graves sont passés sous silence et méritent l’attention des médias, mais surtout la vôtre.

Image décorative. Infographie sur les différents cancers qui existent.

Prostate et poumon, les absents des dépistages organisés

A l’approche de Movember, mois de sensibilisation aux cancers masculins, on ne peut s’empêcher de remarquer qu’il n’existe pas de dépistage organisé pour le cancer de la prostate, pourtant premier cancer masculin. En effet, le dosage du PSA, utilisé pour ce dépistage ne permet pas une bonne sélectivité, aussi son taux peut varier pour plusieurs motifs différents et ne signifie que rarement un état cancéreux dangereux. Ce dépistage n’est donc pas recommandé par les autorités de santé car à l’origine de surdiagnostics. Une relation étroite avec son médecin traitant est privilégiée pour juger de la pertinence de cet acte au cas par cas.

Le ciblage est en effet un enjeu majeur, et la voie d’excellence pour lutter contre les différents cancers, en particulier ceux ayant souvent un mauvais pronostic.  C’est le cas du cancer du poumon, très meurtrier et en nette progression chez les femmes. Néanmoins, comme son dépistage requiert l’exposition répétée à des rayonnements (scanner thoracique), il n’est pas étendu à l’ensemble de la population mais s’adresse en priorité aux fumeurs, considérés les plus à risques. 

Le ciblage est aussi un sujet d’actualité dans le cas du cancer du sein. En effet, pour les femmes de moins de 50 ans, une recherche peut être faite suivant les antécédents familiaux pour identifier un gène muté responsable de l’apparition du cancer du sein et traiter précocement le cancer.

Un diagnostic aux conséquences lourdes

Poser un diagnostic de cancer n’est pas quelque chose d’anodin, cela est souvent synonyme de traitements lourds, chirurgies d’ablation et suivis médicaux sans fin. Le quotidien s’en trouve bouleversé, tout comme les perceptions de soi. 

Le dépistage régulier permet de minimiser l’ampleur des interventions mais le mieux reste encore d’écarter les possibilités de développer un cancer… Pour cela, certaines habitudes peuvent se montrer utiles.

Image décorative de matériel médical pour annoncer un diagnostic.

Les habitudes de vie comme première prévention

Si certains facteurs génétiques interviennent dans l’apparition des cancers, ils ne sont responsables que d’une infime partie de ceux-ci. Fort heureusement, il est possible d’agir sur beaucoup de facteurs de risques à l’échelle de notre environnement. En voici une liste applicable à tous les cancers : 

  • Eviter le tabac et l’alcool
  • Avoir une activité physique régulière de sorte à minimiser le surpoids
  • Avoir une alimentation riche en fibres et limitée en viande rouge

De manière plus spécifique au cancer du sein, la prise d’hormones (que ce soit comme contraceptif ou traitement de la ménopause) doit être surveillée car elle peut influencer l’apparition du cancer. Par ailleurs, les recherches dans le domaine indiquent qu’une grossesse avant les 30 ans et un allaitement long minimisent le risque d’en développer un. 

Enfin, la palpation régulière des seins est un geste self-care à ajouter aux routines des Françaises, pour identifier les anomalies de texture ou d’apparence des seins et pouvoir en parler à leur médecin en temps opportun.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de l’Institut National du Cancer et découvrir les autres couleurs du cancer ainsi que les dépistages qui vous sont préconisés sur http://vosconseilsdepistage.e-cancer.fr/.

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